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| D'abord une définition : « manga »,
cela veut dire « bande dessinée » au Japon et dans toute l'Asie. Dans le
Dictionnaire mondial de la Bande Dessinée, le toujours bien renseigné Patrick
Gaumer précise que le genre du mot « manga » est indéterminé : « On peut aussi
bien parler de la manga que du manga ; après avoir employé le masculin,
l'usage penche aujourd'hui en faveur du féminin ». Cet article reprend l'usage
général en cours, mais si vous voulez briller dans les dîners chics en ville,
dites : « la » manga, en vous référant au Larousse ! |
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Une arrivée tardive
L'idée fausse que les mangas sont des BD vulgaires à thème érotique aux
tendances douteuses ne résiste pas à l'analyse. Au Japon, il y a des mangas
pour tous ; l'industrie des mangas est segmentée et s'adresse à tous les
publics : mangas pour filles, mangas pour garçons, mangas pour employés de
bureau… Il existe des mangas pour comprendre l'économie mondiale ou simplement
pour évaluer le coût de la construction de votre maison. Dans cette masse, il
y a une proportion énorme de production médiocre, mais la part infime des
chefs-d'œuvre donnerait du travail pour nos éditeurs français jusqu'en 2050…
En France, le phénomène des mangas passe d'abord par la télé et son
corollaire, les cassettes vidéo. La plupart des gens se souviennent des
personnages de dessins animés présents sur notre petit écran depuis les années
soixante-dix (Astro Boy le petit robot et Le Roi Léo de Tezuka notamment). Dès
les années 80, Antenne 2 retransmet quelques-unes des séries qui ont frappé
l'imagination de nos têtes blondes : Goldorak, Albator, Candy, Capitaine Flam,
Les Chevaliers du Zodiaque… Depuis 1992, AB Productions et le Club Dorothée
sur TF1 et avant elle, La Cinq, proposent à des générations d'enfants et
d'adolescents de se mettre au goût japonais. |
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Génération manga
Les débuts de l'édition des mangas sous forme de magazine et de livres
arrivent en France à partir de 1978 par le magazine suisse Le Cri qui tue
d'Atos Takemoto. Une ou deux tentatives isolées de traduction interviendront
en 1983. Et les adaptations des séries télé, me direz-vous ? C'est incroyable,
mais vrai : elles ne sont pas dessinées par des Japonais ! « Des magazines
comme Bomber X, Candy Candy, Le Journal d'Astro le petit robot, Les Aventures
de Tom Sawyer, Super Goldorak, Albator parus entre 1978 et 1987, tonne le
spécialiste Jean-Paul Jennequin, n'ont donné à lire à nos enfants que des BD
affreuses, anonymement réalisées au kilomètre par des studios français, pâles
ersatz des bandes originales. » En fait, quand ils publient des dessins
originaux, les éditeurs français ne prennent même pas la peine de traduire les
mangas du japonais : « la traduction d'Akira, celle de Gen d'Hiroshima (…) ont
toutes fait usage d'une traduction antérieure en langue anglaise », dénonce le
même expert dans L'Univers des Mangas (chez Casterman, en 1991). Depuis,
heureusement, la situation a changé. L'historien retiendra que c'est vraiment
en 1989 que le phénomène Manga démarre en France avec la publication par
Glénat de Akira de Katsuhiro Otomo. |
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Les mangas à la conquête de la
France En 1991, Glénat, convaincu par
un voyage au Japon, lance à 120 000 exemplaires le magazine Akira en kiosque,
Jean-Paul Jennequin prophétise aussitôt : « De son succès dépendra sans doute
assez largement l'avenir des mangas sur notre territoire ». Leur avenir est
assuré : le succès est énorme. Poussant son avantage, Glénat persévère. Il
s'aperçoit que le personnage d'Akira Toryama, DragonBall Z, fait des scores
remarquables à la télévision (291 épisodes ont été produits ; Dallas, le
record absolu, en fait près de 360). Le succès en librairie ne se fait pas
attendre. Chaque année, DragonBall Z squatte le top 10 des meilleures ventes
de la BD en France. |
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| L'initiative est aussitôt (bien)
imitée par les autres éditeurs. Dargaud avec son label Kana, J'ai Lu,
Delcourt, Casterman, Soleil entrent dans la danse. En tant que seul
éditeur-distributeur indépendant, Tonkam se distingue. Il démarre avec succès
l'édition d'albums en 1994 avec Vidéo Girl Aï. En 1996, il est le premier à
publier des mangas chinois avec Cyber Weapon Z d'Andy Seto. Depuis, il a
publié le magnifique Bouddha d'Ozamu Tezuka. Suivant en cela la tradition
japonaise, il s'applique à proposer un catalogue segmenté en lançant le
premier en France un genre florissant au Japon, les « Shöjo Mangas » (que l'on
peut traduire par « mangas pour filles »). Tonkam organise pour le festival de
la BD d'Angoulême 2001 la venue de six auteurs japonais, alors que le même
festival avait ignoré le « dieu » Tezuka en 1982. Une honte ! Selon Gilles
Ratier, 2 120 nouveautés BD ont été publiées en France pendant l'année 2004,
parmi lesquelles 754 mangas, soit 35,65 % des nouveautés (contre 30,11 % en
2003).. |
| (Source: Amazon.fr --Didier
Pasamonik)
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